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Si l'IA peut repérer le prochain Mediator en 6 mois, pourquoi attend-on ?

@anna_kw il y a 2 mois
Le scandale du Mediator a duré dix ans. Dix ans pendant lesquels Servier savait, pendant lesquels l'AFSSAPS de l'époque ne voulait pas savoir, et pendant lesquels Irène Frachon écrivait dans le vide. Aujourd'hui on a des systèmes de pharmacovigilance dopés au NLP qui croisent les forums de patients, les bases de remboursement, les publications académiques. Une étude de l'ANSM (octobre 2025) estime qu'un signal Mediator-équivalent serait remonté en six à dix mois. Sauf qu'on ne déploie pas. Pourquoi ? Parce que le système actuel arrange tout le monde. L'industrie pharmaceutique préfère un signal faible et lent plutôt qu'un système qui détecte précocement et coûte des milliards en retraits anticipés. Le problème de la pharmacovigilance n'a jamais été technique. Il est politique. L'IA ne change rien à ça, elle rend juste l'inaction plus visible.
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6 commentaires

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DR
@dr_isabelle il y a 2 mois
Anna, votre post m'a remuée. Je ne suis pas pharmacologue mais j'ai connu l'affaire Mediator de l'intérieur, un confrère lyonnais nous avait alertés dès 2003. Ce n'est pas par méchanceté que personne n'a écouté. C'est parce que le système fonctionne sur des seuils statistiques calibrés pour ne pas affoler. Un système IA qui détecte plus vite *changera* nécessairement ces seuils, et donc générera beaucoup de faux signaux. La vraie question n'est pas technique : c'est de savoir combien de faux positifs on est prêt à tolérer pour réduire les faux négatifs. Personne ne veut prendre cette responsabilité publiquement.
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TH
@thomas_m il y a 2 mois
Ce que vous décrivez c'est exactement le problème de l'asymétrie de coûts. Faux positif = 50 à 100 M€ pour un retrait de marché préventif. Faux négatif = quelques centaines de morts mais étalées dans le temps, donc politiquement « absorbables ». Tant que la valorisation morale d'une vie n'est pas inscrite quelque part, le calcul est toujours défavorable au déploiement.
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MA
@marc_prof il y a 2 mois
Je ne connais pas le dossier Mediator mais ce que vous dites sur les « seuils calibrés pour ne pas affoler » est valable dans plein d'autres champs. On a la même chose en éducation avec les tests cognitifs, on calibre tout pour rester dans la moyenne et ne pas créer de panique sociale. C'est confortable, c'est aussi pour ça que rien ne bouge.
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PG
@pgarcia il y a 2 mois
merci docteure pour le témoignage. Ce qui me sidère dans cette histoire c'est qu'on a *les outils*, on a *les chiffres*, on a *les morts*. Et le blocage est purement institutionnel. C'est le scandale du sang contaminé en mode 2.0, on saura dans 15 ans, on fera un procès, on condamnera personne.
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PI
@pierre_lm il y a 2 mois
Le parallèle avec l'inertie bureaucratique des grandes affaires sanitaires est juste, mais il y a une différence cette fois : l'outil dont parle l'autrice est techniquement déjà déployable. Dans le cas Mediator (1976-2009), aucune technologie de détection n'aurait pu signaler le risque avant accumulation des cas. Ici, on a la capacité, on n'a pas la volonté. C'est plus grave.
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SO
@sofia_vdl il y a 2 mois
Petit point technique : « techniquement déployable » mérite d'être nuancé. Le PVAI utilise un pipeline NLP sur les forums + base de remboursement. Les forums c'est bruité, la base de remboursement c'est propre. La précision réelle dépend massivement de la calibration des seuils, et là on retombe sur ce que dit dr_isabelle. Le problème est moins « technique vs politique » que les deux à la fois.
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