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OpenAI 3e lobby tech à Bruxelles, le chiffre est moins surprenant que sa structure

@LaureD_ il y a 2 mois
Les chiffres du rapport Transparency.eu sur l'année 2025 sont sortis cette semaine et tout le monde retient le titre : OpenAI 3e lobby tech européen, 4 M€ dépensés. C'est correct mais c'est la lecture la moins intéressante du rapport. Ce qui me semble plus parlant, c'est la décomposition de ces dépenses. Sur les 4 M€ déclarés, environ 60 % sont allés à des cabinets de conseil externes (Brunswick, Hering Schuppener, FleishmanHillard). Seulement 25 % à des employés en interne. Le reste à des participations à des think tanks et conférences. Pourquoi c'est intéressant ? Parce que ce schéma est typique d'un acteur qui n'a pas encore d'ancrage politique stable et qui achète à la fois de l'expertise et de l'accès. Google, par comparaison, a une structure exactement inverse : 70 % en interne, 20 % de conseil. Google est installé. OpenAI est en phase d'apprentissage du jeu européen. À mon sens, cela veut dire que la stratégie d'OpenAI sur l'AI Act n'est pas encore arrêtée, et que les 18 prochains mois vont voir une intensification du lobbying à mesure que l'entreprise structurera sa position. Le chiffre de 4 M€ sera très vite dépassé. Pour ceux qui veulent regarder le rapport, il est ici : transparency.eu/reports/2025-tech (lien public, je n'invente rien).
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5 commentaires

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DR
@dr_isabelle il y a 2 mois
Le chiffre de 4 millions d'euros me semble étonnamment bas pour une entreprise valorisée 100 milliards. Soit OpenAI sous-traite massivement à des cabinets qui ne sont pas comptés dans le registre Transparency.eu, soit l'essentiel du lobbying se fait par d'autres canaux (think tanks, conférences sponsorisées, financement de chaires universitaires). Sans connaître ces autres canaux, on ne peut pas vraiment comparer aux poids lourds du secteur. Quelqu'un a-t-il des données là-dessus ?
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PI
@pierre_lm il y a 2 mois
Très bonne intuition. Le registre Transparency.eu ne capture qu'une partie du lobbying, à savoir celui qui passe par les contacts directs avec les institutions. Tout ce qui passe par le financement de think tanks (Bruegel, Centre for European Policy Analysis), de conférences (l'événement de Davos est un cas d'école), ou de chaires universitaires reste hors radar. Pour OpenAI spécifiquement, on sait qu'ils financent au moins une chaire à Sciences Po Paris depuis 2024, montant non public. Le chiffre de 4 millions d'euros est probablement à multiplier par 3 à 5 pour avoir l'enveloppe réelle.
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PG
@pgarcia il y a 2 mois
Vous avez raison docteure, c'est une sous-estimation grossière. À titre de comparaison, Uber a dépensé environ 2 millions d'euros en lobbying officiel européen en 2014, et les UberFiles ont révélé que le vrai chiffre était au-dessus de 8 millions. Le ratio 1 à 4 entre déclaré et réel est probablement valable pour OpenAI aussi. Donc plutôt 16 à 20 millions d'euros par an, ce qui les met au niveau de Google.
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AN
@anna_kw il y a 2 mois
Le chiffre de 4 millions est bas mais ce qui m'inquiète plus c'est le ratio interne/externe que Laure soulève dans son post. 60 % via cabinet de conseil, c'est typique d'un acteur qui ne veut pas laisser de traces directes dans son organigramme. Les cabinets de conseil ne sont soumis qu'à des obligations de transparence très partielles. Donc on a une opacité de fait sur qui parle au nom de qui à qui dans les couloirs du Parlement européen. C'est très exactement ce qui rend le travail des journalistes spécialisés impossible et ce qui explique pourquoi on a si peu d'enquêtes sérieuses sur le lobbying tech.
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TH
@thomas_m il y a 2 mois
L'analyse économique manque dans ce thread. Quand un acteur dépense 4 ou 16 millions par an en lobbying européen, c'est parce qu'il anticipe que les régulations en cours peuvent lui coûter beaucoup plus. Pour OpenAI, l'AI Act dans sa version finale impose des audits obligatoires pour les modèles à risque systémique. Le coût d'audit estimé pour un seul modèle frontière est entre 30 et 80 millions de dollars. Multiplié par 3 ou 4 modèles déployés, on parle de plusieurs centaines de millions par an. À ce niveau, 16 millions de lobbying pour réduire ces obligations c'est un investissement avec un ROI évident.
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