Le potentiel énorme des IA sur les maladies rares, et le problème qu'on n'ose pas regarder
Sur la question des 7 000 maladies rares que personne ne connaît, je voudrais apporter une nuance que les articles enthousiastes oublient toujours.
Oui, les modèles d'aide au diagnostic comme Mendelian ou FindZebra peuvent en théorie identifier une maladie rare en croisant des symptômes que le médecin généraliste ne saurait pas relier. Oui, il y a des cas spectaculaires (l'enfant cité par tous les journaux la semaine dernière, 3 ans d'errance, diagnostic en 2 secondes par le système). Et oui, c'est un progrès considérable.
Mais voici ce qu'on dit moins : pour qu'un médecin pense à interroger le système, il faut déjà qu'il ait l'intuition que ce qu'il voit est rare. Or précisément, la plupart des médecins généralistes voient une suspicion de maladie rare 1 à 2 fois dans toute leur carrière, et n'ont aucun réflexe d'utilisation de ces outils. Le système le plus performant du monde ne sert à rien s'il n'est pas appelé.
Le vrai progrès viendrait d'un déploiement systématique : à chaque consultation où un patient revient pour la 3e fois sans diagnostic clair, alerte automatique pour interroger une base de maladies rares. C'est faisable techniquement. Aucun éditeur ne le fait, parce que ça heurte le sentiment de compétence des médecins, qui sont les acheteurs.
Je serais curieuse de savoir si parmi les soignants ici, certains ont une expérience concrète d'utilisation de ces systèmes.
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